Les Mages : l'artiste Cambou revisite avec talent le monde de la mine


Cambou aime le noir, peut-être parce qu'elle a grandi dans le plat pays des mines du Nord, dont « les corons » chantés par Pierre Bachelet lui rappellent invariablement son grand-père mineur de fond et toute cette atmosphère qui l'a empreinte et qu'elle garde précieusement en mémoire.
Et lorsqu'elle a découvert les Cévennes, sur les hauteurs de Rochessadoule, elle a décidé que là seraient désormais ses racines parce que la terre y est belle et austère au dehors, redoutable et dangereuse au-dedans. Ainsi est la Cévenne. Elle ne donne rien qu'on ne sache mériter, parfois au prix du sang et des larmes, et c'est ce qui  a forgé, certainement au cours des siècles ce caractère cévenol bien trempé, pugnace et combatif.
Cambou aime la roche dans ce qu'elle a de minéral et d'originel : elle était là à la création du monde, bien avant le moindre signe de vie sur notre planète. Ses peintures et dessins « du fond » sont sombres avec une dominante de noirs, d'ocres et de blancs dont les traits parfois lourds, souvent durs, nerveux , pathétiques appréhendent avec réalisme ce dur et noble labeur de forçat volontaire qui défie cet univers hostile, dangereux voire mortel de la mine.
C'est la quatrième fois que Cambou expose aux Mages, à Bauquier, une salle qu'elle affectionne particulièrement. Cette exposition consacrée au « carbou »,  le charbon, l'a passionnée. Elle est l'aboutissement d'un long travail de recherches et de témoignages d'anciens mineurs. Car il ne reste rien de visible de ce passé pas si lointain d'une exploitation minière qui assura cependant la prospérité de la région. Tous les chevalements et structures ont été démolis. Seules nous restent des photos, notamment celles prêtées par la «  Mémoire des Mineurs ».
Cambou en a reproduit fidèlement les installations telles qu'elles existaient à l'époque, notamment l'immense toile sur les mines de Rochessadoule.
S'agissant du « jour » l'artiste a choisi de lui donner plus de couleur malgré tout foncée, un contraste voulu avec le noir obscur du « fond » et des radios de silicoses.
Le maire Jean-Claude Paris rappelait « ce passé dans lequel on replonge avec beaucoup de plaisir, malgré les difficultés qu'on pu connaître nos parents, mais qui étaient cependant  la richesse du pays ».
La pétillante Cambou termine ici sa série sur la mine et la roche. « J'arrête de creuser ». Elle va maintenant se consacrer à l'eau. Vaste programme. On a hâte de voir!

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